
Rencontre avec le village amérindien des “Trois palétuviers”
Notre engagement auprès des villages isolés a conduit Vaneza, animatrice de réseau de l’Est de la Guyane, à visiter pendant cinq jours, le village amérindien des “Trois palétuviers”.
L’objectif de cette mission était de favoriser la rencontre avec les habitants, de partager leur mode de vie le temps d’une semaine et d’apporter une oreille attentive aux différentes difficultés qu'ils rencontrent au quotidien.
La vie au village des Trois Palétuviers est rythmée par la pêche, la chasse et les récoltes des abattis.
Les jeunes se regroupent pour aller pêcher des crabes et les après-midi, ils se retrouvent pour jouer au foot, activité pratiquée dans de nombreux villages amérindiens de l’est.
Le village est composé d’une trentaine de maisons, chacune habitée par deux à quatre familles. Cela revient à une cohabitation de 10 à 17 personnes par maison.
Pour ces familles, l'abattis (parcelle de terre cultivée itinérante sur brûlis) reste un moyen de subsistance complémentaire important. Les abattis sont généralement éloignés du village et on y retrouve des plantations de bananes, d’ananas, de maniocs, de papayes et de wassai (ou Açaï, fruit du palmier Pinot très prisé en Amazonie, notamment en Guyane et au Brésil).
Une question en lien avec ces plantations se pose au village : comment développer la plantation de Wassaï en partenariat avec l’entreprise Yana Wassaï implantée sur le littoral ?
Ce village, situé à l’embouchure du fleuve Oyapock, est accessible en pirogue à 45 minutes de la commune de Saint-Georges. Aussi, pour se fournir en électricité, les habitants doivent se rendre à Saint-Georges et à Oiapoque pour alimenter leur groupe électrogène. Une famille consomme en moyenne 60 litres d'essence par mois.
Pendant la période scolaire, le besoin en électricité est plus important et, sauf en cas de panne, les groupes électrogènes fournissent de l’électricité durant toute la journée.
Les différentes pannes et coupures de courant amènent à une rupture de la chaîne de froid qui cause de nombreuses maladies gastriques aux habitants.
Le village est alimenté en eau grâce à deux forages. Depuis peu, un compteur SGDE a été installé au village. Cependant, les problèmes d’accès à l’eau sont encore très présents et il arrive encore que des amérindiens en deviennent malades.
Lors de cette mission, Vaneza a eu le privilège d’assister à la naissance du 231ème habitant : un petit garçon qui est venu au monde au bout de deux jours. Sa maman n’a pas voulu se rendre à l'hôpital de Cayenne (45 minutes de pirogue + 2 heures de route) et a fait le choix de rester au village pour son premier accouchement.
Contrairement au village de Trois-Saut (situé le long du fleuve Oyapock), il n’y a pas de permanence de santé.
Les habitants du village souhaitent la présence d’une infirmière au sein du village.
Une des principales préoccupations de la cheffe coutumière (représentante du village) est de définir le statut de la concession des terres occupées par les familles du village.
L'accès au droit est une autre grande problématique rencontrée par les habitants du village.
En effet, malgré la proximité avec la commune de Saint-Georges de l’Oyapock, il y a encore quelques amérindiens, vivant au village depuis plus de 50 ans, qui ne sont pas régularisés. Ils ne parlent pas la langue française et ne comprennent pas les nombreuses démarches administratives nécessaires à leur régularisation.
Pour poursuivre leur scolarité, les jeunes doivent se rendre sur le littoral. Cette poursuite de scolarité engendre de nombreux frais : hébergement, transport pirogue + taxi, restauration… que beaucoup de parents ne peuvent pas assumer financièrement. Aussi, de nombreux jeunes sont contraints d'abandonner l'école.
Ne ratez pas la prochaine saison « Trois Palétuviers »… découvrir le "faire avec" de notre Délégation avec les habitants pour répondre ensemble à leurs besoins.